Paris, 24 décembre 1819
Une dernière lettre à ce cher moi.
Minuit sonnera dans quelques minutes, et j'en profite pour me souhaiter un joyeux dernier Noël.
Le directeur est passé dans ma cellule pour m'annoncer la date de mon exécution. 27 décembre 1819, vers midi. Au moins, maintenant, je n'espère plus.
Et mes filles? Que se souviendront-elles? D'un père criminel? Ou du père attentionné et aimant que j'étais? Et ma femme? Et ma mère? Mourront-elles de chagrin? Elles auront toutes honte de moi, ce père, mari, fils, criminel sans scrupule... Ou alors se souviendront-elles que ce crime, je l'ai commis pour elles?
Le tic tac stressant de l'horloge résonne sur les murs de ma cellule. Minuit sonne, à présent. Joyeux Noël à toi, cher moi-même! Beaucoup de bonheur pour les trois jours qu'il te reste à vivre! Santé, argent, du succès dans tout ce que j'entreprendrai, si j'en ai le temps. Ce serait vraiment triste d'être malade pour mes trois derniers jours dans ce monde.
Ah tiens, le prêtre vient d'entrer dans ma cellule. Derniers sacrements ou la messe de Minuit dîtes-moi?
Me confesser? Ça, jamais, j'ai perdu la foi depuis que je suis entré ici. Dieu m'a mené à l'échafaud.
Il serait grand temps de dormir. Je trouve dommage de gaspiller nombre de mes précieuses soixante-douze heures à dormir, mais ma tête me l'ordonne.
Sur ce,
Joyeux Noël, sale criminel.
Ceci est ma lettre pour Arts Com. Le thème était l'esprit de Noël, c'est plutôt morbide non? Mais bon. Je reçois rarement des lettres de Noël qui m'inspirent assez pour faire un projet d'arts avec.
Fortement inspiré de Le dernier jour d'un condamné, de Hugo (bien entendu).
Image: Le pendu, de Victor Hugo (encore et toujours.)